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L’intrication
entre langage et identité apparaît de manière redondante quel que soit
le point de vue dont on l’approche : l’identité d’un individu s’élabore
sur l’axe horizontal, dans la confrontation avec ses pairs et sur l’axe
vertical, par sa position dans les générations. L’analogie avec la
linéarité syntagmatique et les permutations paradigmatiques définies par
Saussure est remarquable. Dans la réalité, on ne peut pas changer de
place, on a à inventer comment occuper sa place. En revanche, il
nous faut pouvoir penser les permutations au niveau imaginaire : « Si
j’étais… Tu serais… On dirait que… ».
La singularité de
la parole d’une personne est déterminée par ses caractères
physiologiques, son histoire, ses relations, et la situation
particulière de son discours, c’est-à-dire tout ce qui différencie
l’énonciation de l’énoncé.
C’est en exerçant sa faculté innée de
langage, en prenant la parole, que l’humain devient sujet, capable
d’agir sur son environnement plutôt que de le subir, capable de créer un
monde. Un sujet se construit, se modèle de chaque prise de parole et
donc de chaque relation.
Quand on rencontre à un
moment de sa vie des difficultés pour parler, comprendre, lire, écrire,
on est ébranlé dans son sentiment d’identité. L’écoute de
l’orthophoniste permet à ces accidentés de la parole de restaurer leur
sentiment d'identité, comme s'il fallait raccommoder un accroc dans la
toile de leur histoire, ensemble ils retissent les fils.
Il faut avoir accédé à un
minimum d’individuation par rapport à l’environnement pour pouvoir se
différencier, construire et éprouver son identité de chaque échange
langagier avec un autre que soi.
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